Multiples des artistes aparté

Exposition  à la Galerie des Multiples

Les multiples des artistes d’aparté sont disonibles à la galerie des multiples (GDM) à Paris

GDM sur cour aparte 11 JOLY

GDM
17, rue Saint - Gilles 75003 Paris
+ 33 1 48 87 21 77

Ouvert du mardi au samedi de 11.00 à 19.00 et sur rendez-vous

contact@galeriedemultiples.com

GDM FAVRE PETROFF2

GDM SEVERIN2

 

À l’occasion de ses 10 ans, aparté a présenté à artgenève 2018 ses éditions. L’association a demandé aux artistes ayant participé à l’aventure de leur première monographie de réaliser des multiples, proposés chacun à 20 exemplaires. Représentatifs de l’expression de chacun, ils sont une étape de leur recherche depuis la rencontre avec le commissaire qui les a choisis. Le suivi des multiples est assuré par Elisabeth Chardon, dont l’expérience dans l’édition d’artistes pour le journal Le Temps témoigne du professionnalisme. Ils sont en vente sur demande à info@art-emergent.ch

ALEXANDRE JOLY, Fougères-Cristal-Cactus et Amulette, 2018

Le multiple conçu par l’artiste fait dialoguer deux éléments, un poster et un petit collier. L’image est énigmatique, à la fois organique et géométrique, régulière et brouillée. Elle est en fait la combinaison de trois images, celles d’un cactus, d’une fougère et d’un cristal. Le collier mêle deux grelots – les éléments sonores sont souvent présents dans les pièces d’Alexandre Joly – à des perles de rocailles. Cinq clous sont livrés avec ces deux éléments, l’un est clairement fait pour fixer le collier (Amulette) sur le poster, les quatre autres peuvent être utilisés pour fixer le poster au mur. « Sans obligation aucune », précise l’artiste.

A Joly 

DONATELLA BERNARDI, Dolci libri, 2018

Dolci libri est une série de vingt livres-objets en tissu, reprenant les dimensions des éditions aparté. Une référence de volume, et aussi de contenu : les couvertures des 20 livres, toutes différentes, sont brodées au fil, formant des volutes évoquant, de manière abstraite, les deux visages sur la couverture d’À la poursuite d’une hospitalité illimitée, monographie réalisée avec Jacqueline Burckhardt. Les pages sont remplacées par des coupons de tissu, essentiellement des imprimés japonais double face.

Dolci libri est une citation de l'œuvre de Maria Lai (1919-2013), artiste de Sardaigne qui a également fait des livres en tissu. La série fait également référence au parcours de Carla Lonzi (1931–1982), qui a renoncé à l'art contemporain pour investir les potentiels du féminisme. Quelques générations plus tard, un tel radicalisme peut être revu de manière plus souple, plus tendre et malléable, comme un livre qui s'adapte aux mains qui le portent.

 DONATELLA BERNARDI

GENEVIÈVE FAVRE PETROFF, Totem, 2018

Les mots « singularités » et « obsolescence » ont inspiré à Geneviève Favre Petroff une réflexion sur son propre travail : « Comment puis-je parler du temps qui passe à mon échelle ? Comment synthétiser en une pièce les différents travaux de ces dernières années ? J’ai pensé au sablier, cet objet fragile et ludique, qui avec son sable qui glisse, capte notre attention, nous amuse et nous fascine. Il visualise une dimension qui nous échappe, qu’on cherche à maîtriser. Il nous renvoie à notre propre horloge, à nos organes internes, à leurs rétrécissements, aux échanges liquides et gazeux, à la circulation perpétuelle du vivant. J’y vois également deux têtes placées en miroir, reliées par la trachée, comme différentes facettes d’une même personnalité. » À partir de là, Geneviève Favre Petroff a collaboré avec un souffleur de verre, Claude Merkli, à la création d’une statuette qui reprend et suggère les formes de quatre coiffes et chapeaux associés chacun à une performance, à un costume de scène.

 GENEVIVE FAVRE PETROFF

LAURENT FAULON, Cendriers, 2018

« Cendriers se joue de deux archétypes, le multiple perçu comme un bibelot, une version "cadeau souvenir" de l'Œuvre (corpus) d'un artiste, une vision utilitariste, et le cendrier artisanal perçu comme objet caricatural de l'apprentissage du modelage en terre. » Laurent Faulon en propose un dépassement qu’il souhaite grinçant. Ces multiples se présentent comme « ratés », chaque cendrier différant légèrement de l'autre à cause des variations inévitables produites par sa main et suggérant «une certaine puérilité, une manipulation régressive de la terre. Cette évocation de l'enfance et des travaux manuels se trouve cependant malmenée par la brutalité des mégots écrasés. » Et de préciser, « dans les deux cas, il s'agit de "jouer à la marchande": on ferait comme si j'étais artiste, on ferait comme si je fabriquais des cendriers. » La série se divise en deux parties, dix cendriers étant recouverts d’un émail transparent.

 LAURENT FAULON

MAXIME BONDU, Deep war Boris’ first anniversary, 2018

Deep War (2015) est une expérience informatique développée par Maxime Bondu en collaboration avec Julien Griffit. Un panneau carré composé de leds reproduit un échiquier. Une simulation permet de suivre deux programmes informatiques s’affrontant aux échecs. Comme souvent, l’œuvre évoque un événement historique. Après une série de matchs gagnés par Garry Kasparov en 1996, le 11 mai 1997 à New York, Deep Blue, supercalculateur développé par la firme IBM, remporte la dernière partie de leur confrontation. L’avènement d’une intelligence artificielle est annoncé. Et discuté. En effet, à un moment donné, Deep Blue a sacrifié un pion, déstabilisant Kasparov. Quinze ans plus tard, il apparaît que ce coup proche d’une stratégie « humaine », s’explique par un bug informatique. Deep War revient au postulat de l’intelligence artificielle et développe un programme de jeu d’échecs susceptible d’apprendre de sa propre expérience, au-delà de ce qu’on lui a inculqué au départ.

Depuis, le projet Deep war a généré deux bases de données, qui continuent de croître, dans lesquelles les deux intelligences artificielles s’affrontant aux échecs puisent leurs jeux. Deux parcours différents, deux mémoires, deux vies distinctes. Le projet Deep War, First Anniversary (2018), est un geste de visualisation graphique de leurs bases de données. Appelé à être réalisé chaque année, il donne à voir par des algorithmes une image de leurs connaissances à chaque âge. La visualisation proposée pour aparté est conçue sous forme d’une impression numérique.

 MAXIME BONDU

SÉVERIN GUELPA, Talking Stick, 2018

La pièce reprend l’idée du bâton de parole, originaire des tribus amérindiennes, les premières à avoir foulé le sol de Amboy, dans le désert de Mojave, où l’artiste a fondé Matza, un manifeste basé sur l’idée d’une création communautaire capable de produire ses propres outils. Le Talking Stick est un objet de démocratie qui permet à chacun dans un groupe donné de s’exprimer et de prendre la parole devant les autres. C’est un objet repris par la suite par différents mouvements dans l’ouest américain, souvent associé aux courants d’émancipation. Séverin Guelpa l’a utilisé à Amboy lors de groupes de discussion.

 SVERIN GUELPA